18 octobre 2011
I'M LOOKING FOR A GRAPHIC DESIGNER JOB



Si ce CV ne vous intéresse pas, vous pouvez toujours en faire une cocotte en papier, en vous aidant des pointillés !
30 septembre 2011
INTRODUCTION | LA PRISON, MAIS POURQUOI ?
La définition d’un thème de recherche, en deuxième année de DSAA, est une tâche difficile à accomplir, en particulier lorsque vous vous reconnaissez dans la philosophie : « as long as you don’t choose everything remains possible »1. C’est donc initialement sous la forme d’une longue liste, que ce sont présentées mes premières propositions de thèmes de recherche, en fin de première année. Parmi ces sujets potentiels, deux mots – univers carcéral – rapidement mis entre parenthèses, pour plusieurs raisons. En effet, bien que le sujet me soit rapidement venu à l’esprit – et sans que je ne me l’explique rigoureusement –, c’est tout aussi rapidement que je l’ai écarté, tant l’idée d’aborder le thème de la prison semblait un défi difficile à relever. Et pour cause : la prison est, de par sa fonction, un lieu clos, maintenu à l’écart de la société et donc difficile d’accès, pour lequel on dispose de peu d’images, de peu d’informations. Elle appartient, aujourd’hui encore, à la grande famille des sujets tabous. Mais en y réfléchissant davantage, il m’est apparu que ce sujet, immédiatement classé comme « inabordable » par mes soins, était peut-être justement très exactement celui à aborder en tant que thème de recherche. Parce que l’on voudrait la rendre relativement invisible, la prison entre effectivement en contradiction avec le principe même de la communication visuelle, et c’est dans cette confrontation que se situe, selon moi, l’intérêt d’un tel sujet.
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1 Jaco van Dormael, Mr. Nobody, 2009
MÉMOIRE | PRISONS
PRÉLUDE | REPRÉSENTER L'ENFERMEMENT

Il s'agit ici d'interpeller par une intervention in situ (ancienne prison Saint-Michel à Toulouse), en apposant un œilleton fictif sur le mur d'enceinte de la prison.
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Photographie personnelle.
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Création d'images kaléidoscopiques propices à l'évasion, à partir d'images représentant l'enfermement.
29 septembre 2011
CHAPITRE 1 | L'IMPOSSIBLE REPRÉSENTATION
Lorsque l'on aborde l'univers carcéral sous l'angle de la question de l'image, il est frappant de voir à quel point la population carcérale est peu – et souvent mal – représentée. Pour des raisons bien compréhensibles de préservation de l'anonymat, les portraits de détenus sont en effet systématiquement barrés d'un cache noir. De manière plus générale encore, un article du Code pénal stipule que « aucune photographie de l'intérieur de la prison ne peut être effectuée sans autorisation spéciale du ministre ; il en est de même de tout croquis, prise de vue ou enregistrement sonore se rapportant à la détention ». De fait, on peut dire que le moment de la détention apparaît comme un temps de hors-cadre ; d'ailleurs, le placement en détention n'est-il pas généralement défini comme une « mise en marge » de la société ?
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DES DÉTENUS OUBLIÉS

Tentative de retranscription graphique du processus d'oubli.
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Tribute to Sagmeister.
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DES DÉTENUS SANS IMAGE
Ceci est le portrait d'un détenu.
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Portraits ton sur ton : gaufrage & mine de plomb sur papier noir.
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Portraits hors-cadres.
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« Le moment de la prison est un temps de hors-cadre, de non-existence visible du point de vue de l'extérieur. »
Mathieu Pernot, Hautes surveillances, 2004
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DES DÉTENUS STÉRÉOTYPÉS
Portrait « moyenne » réalisé par superposition de 3 portraits de détenus, issus de 3 films français récents : Sur mes lèvres (Jacques Audiard, 2001), Un prophète (Jacques Audiard, 2008) et Qu'un seul tienne et les autres suivront (Léa Fehner, 2009).
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Prison et préjugés... Commentaires relevés sur un forum de discussion, au sujet d'un article traitant de l'univers carcéral, publié sur rue89. Il s'agit ici de mettre en image certains points de vue issus de l'opinion publique, de la manière la plus brute qui soit : je procède par captures d'écran, puis j'augmente la taille de ces images jusqu'à l'obtention de cet effet de pixellisation. Ce brouillage colorimétrique traduit un bouillonnement, un malaise relatif au sujet sensible que constitue l'univers carcéral en France.
CHAPITRE 2 | L'ABSENCE DES FEMMES
Au cours de mon investigation sur l'univers carcéral, une seconde thématique s'est rapidement faite remarquer : celle de la non-mixité. Si ce phénomène peut facilement s'expliquer par l'impératif sécuritaire, il semble relativement aberrant dans la mesure où l'administration pénitentiaire prétend réinsérer au sein d'une société mixte.
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DES FEMMES OUBLIÉES

Tentative de retranscription graphique du processus de délitement du souvenir. J'utilise ici un phénomène que les dessinateurs adeptes de la mine de plomb connaissent bien : l'estompage involontaire du dessin avec la tranche de la main... Ainsi, de la même façon que lorsque l'on s'applique à dessiner, les détails sont malgré tout endommagés par ce phénomène ; lorsque les détenus s'efforcent de se remémorer des éléments féminins, leurs souvenirs ont tendance à leur échapper.
Texte de Jacques Lesage de La Haye, La guillotine du sexe, 1978
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Se souvenir de l'autre en prison, c'est reconstituer un corps désormais absent. Le souvenir reste incomplet, parcellaire : on se souvient généralement très bien des détails (grains de beauté, plis, cicatrices) tandis que l'image globale reste
difficile à recomposer.
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UNE PEINE SUPPLÉMENTAIRE
Parce que chez des individus à la sexualité déjà relativement fragile, la privation peut rapidement entraîner l'obsession...
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Portrait d'une surveillante pénitentiaire, réalisé à l'aide de centaines d'images pornographiques.
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Dans le contexte carcéral, tout corps féminin – même ceux que notre société ne considère pas comme attirants – devient objet de fantasme.
Crédits photographiques
(1) Barbara Klemm : Femme en blouse tablier, Francfort, 1974
(2) Lisette Model : Promenade des Anglais, Nice, 1937
(3) Lisette Model : Femme au voile, San Francisco, 1949
(4) Lisette Model : Baigneuse à Coney Island, Coney Island, 1939
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Textes extraits de La guillotine du sexe, Jacques Lesage de La Haye, 1978
Dans son ouvrage intitulé La guillotine du sexe, l'ancien détenu Jacques Lesage de La Haye évoque la peine supplémentaire que constitue la privation de sexualité à l'intérieur des murs. Il évoque par ailleurs l'existence de multiples troubles comportementaux au sein de la population carcérale : la mutlitude des techniques de masturbation qu'il énonce en est un bel exemple...
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FEMMES DE DÉTENUS

« à Fleury, il y a tellement de détecteurs de métaux [...], qu'au fur et à mesure, je mettais plus de bijoux du tout, et donc c'était une façon de perdre mon identité aussi, de jeune fille, de jeune femme »
« aller au parloir, ça devient une façon de s'abstraire du monde, [...], quand on va voir quelqu'un en prison, quelqu'un qu'on aime, on est envahi et on est soi-même enfermé, et on est complètement envahi par ce parloir, par cette prison »
Anne Savelli, interview France Culture, 2011
28 septembre 2011
CHAPITRE 3 | UN PEU D'ACTUALITÉ
Le 29 mars 2004, en Lituanie, Bertrand Cantat est condamné à 8 ans d'emprisonnement pour « meurtre commis en cas d'intention indirecte indéterminée » sur la personne de Marie Trintignant (décédée le 1er août 2003), par la Chambre Pénale du Tribunal d'Arrondissement de Vilnius. Il est transféré au Centre de détention de Muret près de Toulouse le 28 septembre 2004, et dépose une demande de libération conditionnelle pour bonne conduite le 22 juillet 2007. Cette dernière est accordée par le parquet le 15 octobre de la même année : le chanteur de Noir Désir quitte donc la prison après avoir purgé la moitié de sa peine.
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L'AUTRE PEINE






Ici, je cherche à mettre en images le fait que, selon moi, la peine de Bertrand Cantat s'est poursuivie longtemps après le 15 octobre 2007. On trouve en effet, aujourd'hui encore sur Internet, une quantité inimaginable de forums, blogs et autres articles dédiés à l'affaire. Et en cherchant bien, il est probablement possible de relever un commentaire d'internaute se permettant de rejuger l'affaire/jour. C'est de cette constatation qu'est née l'idée de cet éphéméride, dont l'objectif est de mettre en avant le fait que dans certains cas, la peine se poursuit bien au delà de la période de détention.
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DIFFICULTÉ DE DISSOCIER BERTRAND CANTAT DE MARIE TRINTIGNANT

Recherche plastique.
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DIFFICULTÉ DE DISSOCIER L'ARTISTE DE L'HOMME






Ici, je propose une réédition du livret de l'album de Noir Désir intitulé Des visages des figures, paru en 2001. En effet, il me semble que depuis le décès de Marie Trintignant, toute l'œuvre de Noir Désir est systématiquement relue sous l'angle de l'affaire, comme en témoignent, par exemple, les commentaires désormais associés aux clips du groupe, sur les site d'hébergement de vidéos. Ainsi, le filtre coloré illustre l'effort qu'il est, selon moi, nécessaire de fournir pour dissocier l'œuvre de l'affaire.
CHAPITRE 4 | LE TEMPS CARCÉRAL
La thématique du temps reste intimement liée à celle de l'univers carcéral. Ici, je m'intéresse donc au temps de la détention, à cette donnée primordiale pour les détenus et pourtant tellement insaisissable. Je me demande s'il ne serait pas intéressant de lui donner de la matérialité, de la rendre palpable dans une optique de sensibilisation d'un jeune public par exemple.
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MATÉRIALISER LE TEMPS DE LA DÉTENTION
Pour ce faire, je m'intéresse au cas d'Yvan Colonna, né en 1960. En m'appuyant sur l'espérance de vie moyenne d'un homme français (78,1 ans), il est possible d'estimer l'année de sa mort à 2039. Libre depuis sa naissance, il est condamné en 2007 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans, pour l'assassinat du préfet Claude Érignac. Ainsi, cet agenda permet de matérialiser le temps de sa détention, proportionnellement à la durée estimée de sa vie... La tranche de l'agenda est colorée : sa vie d'homme libre, de 1960 à 2007, est symbolisée par le blanc. En noir : sa période de sûreté de 22 ans ; et enfin en gris : ses dernières années de vie, peut-être en détention...
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L'ENNUI

Tuer l'ennui en cellule est une des priorités souvent évoquées par les détenus... Dans ce court extrait de L'étranger d'Albert Camus, le personnage principal est incarcéré. Il explique que pour tuer le temps, il s'adonne à un petit exercice quotidien : il tente de se remémorer le plus précisément possible un espace autrefois familier (sa chambre). Plus le temps passe, plus son souvenir semble s'affiner. Des détails lui reviennent peu à peu, sans qu'il sache finalement si son souvenir reflète la réalité, ou si c'est son imagination qui lui joue des tours. C'est donc une mise en forme de cet extrait que je propose ici : je procède par découpe du support, feuille par feuille, ligne par ligne, mot par mot. En effectuant cette tâche répétitive, je cherche à m'infliger un exercie similaire à celui que s'impose le personnage principal de L'étranger. Par ailleurs, cette mise en relief littérale du texte rejoint l'idée du souvenir sous forme de strates plus ou moins profondes.
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Il s'agit ici d'une seconde proposition de mise en forme du même texte d'Albert Camus. Le livre ne possède ni début ni fin, et le même texte est imprimé sur chacune des pages. L'idée est de proposer une relecture de ce même extrait à chaque nouvelle page, en lui infligeant à chaque fois une opération toute simple : il peut s'agir de ne garder que les consonnes, de ne garder que les voyelles, de ranger la totalité des signes typographiques contenus dans l'extrait par familles, de ne conserver que le blanc de la page etc.
POSTLUDE | PROSPECTIVE CARCÉRALE

« Une étude quantitative montre que le temps moyen pour se rendre de son domicile à la
prison est de deux heures, soit quatre heures aller-retour. »
Gilles Chantraine, Par-delà les murs, 2004
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Il s'agit ici de reprendre la totalité du texte de la seconde version de la Loi d'Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure sur un format standard (A2), afin d'évoquer le problème de la surpopulation carcérale. Et pour cause : certains articles contenus dans ce texte proposent des peines d'emprisonnement, pour des délits qui n'en faisaient pas l'objet jusqu'alors.
P.S.
Le 10 mars 2011, le Conseil constitutionnel décidait d'invalider 13 des 142 dispositions du texte adopté par le Parlement...
27 septembre 2011
PROJET FICTIF | PRINTEMPS DES PRISONS 2012 (1)
Le printemps des prisons est une opération d’information et de sensibilisation du public aux thématiques carcérales, menée chaque année par les bénévoles du GENEPI. La manifestation, initiée par le groupe GENEPI de Marseille en 2005, se présente désormais sous la forme d’une semaine d'effervescence autour de l’univers carcéral, aux alentours du mois de mars de chaque année. L'opération tend à engendrer des échanges entre les bénévoles de l’association et le grand public.
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IDENTITÉ VISUELLE + AFFICHE-PROGRAMME





Cahier des charges
Bien que regroupées autours d’un thème commun chaque année, les manifestations menées de front, dans chaque ville de France, par les différents groupes locaux du GENEPI au moment du printemps des prisons, souffrent d’un cruel manque de cohésion. Elles sont menées indépendamment les unes des autres, comme en témoigne le florilège de sites Inernet et autres blogs indépendants, tentant de relayer l’information chaque année.
Ici, l'objectif est donc de proposer une identité visuelle permettant d'identifier fortement l’événement, afin de lui donner davantage d’impact et de visibilité. La police que je choisis d'utiliser (Didot) appartient à la famille des Didones, massivement utilisée entre 1810 et 1950 pour les imprimés règlementaires, les manuels scolaires et autres ouvrages scientifiques. Naturellement, elle induit une certaine distance que je considère pertinente au regard de l'univers évoqué (celui de la prison). En outre, cette police a l'avantage d'être particulièrement élégante et d'invoquer l'idée de dignité, dont les détenus sont par ailleurs généralement privés... Le traitement proposé (pochoir + pigments) convoque la notion de fragilité parce qu'effectivement, le dialogue autour de l'univers carcéral reste difficile à établir... Enfin, l'effet de dispersion de la matière au niveau du P et du S de « printemps » traduit le fait que par le printemps des prisons, le GENEPI tente de diffuser une parole auprès du plus grand nombre.
L'affiche-programme proposée annonce l'édition n°8 de l'événement à Toulouse, avec pour thématique : « le temps carcéral ». Dans la mesure où l'objectif du printemps des prisons est d'ouvrir un dialogue, il me semble logique de me contenter de mettre en avant une parole, en l'occurrence celle de Mathieu Pernot. L'effet de pixelisation, et le brouillage colorimétrique qu'il induit, a l'avantage d'attier l'œil tout en rappelant l'aspect sensible d'un tel sujet.











